L’assassinat d’Henri IV 

mardi 2 août 2011

Suite à la diffusion sur France 2 du documentaire-fiction intitulé « Ce jour là tout a changé : l’assassinat d’Henri IV », voici quelques informations complémentaires.

Devenu Roi de France, le roi de Navarre confie à Jacques Nompar de Caumont, sieur de la Force, le soin de régner à sa place sur le trône de Navarre : Caumont la Force devient Vice Roi de Navarre. Pendant seize ans, il ne cessera d’aller et venir entre Pau où il gouverne et Paris qui l’appelle, trois mois l’an, son service de capitaine des Gardes. En janvier 1610, Jacques Nompar est à Paris où il termine son tour de service. Celui-ci achevé, il ne repart pas vers son vice royaume : Caumont la Force doit recevoir, dans les semaines à venir, la récompense suprême de sa bravoure et de sa fidélité : le bâton de Maréchal de France.

JPEG - 30.9 ko C’est ainsi que, Jacques Nompar de Caumont, sieur de La Force, qui était à la cour, fut témoin oculaire de l’assassinat d’Henri IV. Voici en quels termes il nous raconte cette catastrophe dans ses Mémoires. « Le quatorzième de mai (1610), le Roi, après son dîner, alla dans la chambre de la reine, suivi seulement du sieur de La Force, y demeura quelque temps, et, en étant sorti, retourna avec lui dans son cabinet, où il écrivit une lettre ; puis, comme s’il eût pressenti son malheur, il dit, se portant la main sur le front : « Mon Dieu ! J’ai quelque chose là-dedans qui me trouble fort. »

Il revint dans la chambre de la Reine, et lui dit : « Je ne sais pas ce que j’ai, mais je ne puis sortir d’ici. »

La Reine fit tout ce qu’elle put pour le retenir ; mais il ne voulut pas rester et monta dans son carrosse sur les trois heures et demie, mit à la droite le duc d’Epernon ; à la portière du même côté, le maréchal de Lavardin et Roquelaure ; au devant, Liancourt son premier écuyer, et Mirebeau ; et à la portière de droite, du côté du Roi, le duc de Monbazon et le sieur de La Force.

Ensuite il prit le chemin de l’arsenal, et étant dans la rue de la Ferronnerie, le carrosse se trouva arrêté par l’embarras que causoient plusieurs charrettes ; le Roi avois pour lors la main droite autour du col du duc d’Epernon, et la gauche sur l’épaule du duc de Monbazon. Un nommé Ravaillac, voyant que les valets qui avoient coutume d’entourer le carrosse ne s’y trouvoient pas pour lors, les uns ayant passé sur le cimetière des Innocents, les autres s’étant avancés pour faire ranger les charrettes, ce scélérat monta sur une des roues du carrosse et donna deux coups de couteau dans le ventre du Roi, qui au premier s’écria : « Je suis blessé ! » et au second : « Ce n’est rien ! » Mais dans le même moment il jeta une si grande abondance de sang par la bouche, que cela l’étouffa.

Le sieur de La Force lui cria : « Ah ! Sire, souvenez-vous de Dieu ! » et lui soutint le corps et la tête ; mais il a dit depuis, plusieurs fois, qu’il ne savoit si le Roi l’avoit entendu, et croyant que déjà, jetant le sang par la bouche, il était mort.

Il est facile de juger quel effroi ce fut dans le carrosse ; on arrêta le parricide, et tous les autres étant descendus pour aller donner des ordres dans Paris, de crainte de quelque sédition, le sieur de La Force demeura seul dans le carrosse. Il vit à cheval le comte de Gurson (Jean-Baptiste-Gaston de Foix), qu’il appela, et le pria de monter avec lui pour lui aider à soutenir le corps du Roi ; il fit ensuite baisser les mantelets, avec ordre de dire que le Roi n’était pas mort, mais seulement blessé.

En arrivant au Louvre, on porte le corps du Roi sur son lit ; le sieur de La Force s’en alla dans la chambre de Monsieur le Dauphin, qu’il mena chez la Reine, sa mère, à laquelle il représenta que, quelque juste que fût sa douleur, il ne falloit pas s’y abandonner, mais songer à sa conservation, à celle de son fils et de l’Etat. Après quoi il pourvu aux portes du Louvre et rassembla tous les archers des gardes, encore qu’il ne fût pas en quartier. Le sieur de Vitry, qui servoit, étoit alors occupé au palais pour les préparatifs du couronnement de la reine ; et le jour auparavant que la grande cérémonie se fît à Saint-Denis, le sieur de La Force, que le Roi avoit commandé se tenir auprès de lui, détourna par deux fois le malheureux Ravaillac, qui tâchoit de s’approcher de Sa Majesté.

Poignard pris sur Ravaillac par Jacques Nompar de Caumont, Maréchal de La Force

JPEG - 51.8 ko

Collection particulière de Henri Jacques de Caumont, quatorzième Duc de La Force

Document remis à l’association Caumont et son Histoire lors de la visite du Duc à Caumont le 15 juin 2008 à l’occasion de l’inauguration du blason pour la journée du patrimoine


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