La période gallo-romaine

jeudi 4 août 2011

La quasi-totalité de l’Aquitaine tombe dans les mains de Cilinius Crassus, légat de Jules César en 56 avant J.C. La première voie routière d’importance à traverser cette contrée était appelée la voie militaire. La multiplication des villas sur le bord de la première terrasse nécessita la création d’une nouvelle voie à vocation civile et économique : La Carrère. Au Ier siècle après J.C., un grand port fluvial servant d’étape routière avec la voie romaine commerciale, La Carrère, est implanté dans une anse de la Garonne au lieu dit « La Touche ». A cette époque, la Garonne longeait la première terrasse, c’est-à-dire le tracé qu’emprunte aujourd’hui le Canal de Garonne. Cette cité nommée « Ussubium » n’existera que 300 ans puisqu’elle disparaît au IIIème siècle. C’est sur le versant côté Mas d’Agenais de cette anse, que fut trouvé « la Vénus du Mas » au lieu dit « Brégnet », ancien thermes romain.

La cité d’Ussubium

Ussubium était la seule ville dans la région lorsque les romains conquirent la Gaule. Nous ne connaissons pas son importance avant les romains qui la firent desservir par une voie et donnèrent son nom à la station. Elle se trouvait à mi-parcours entre Aginnum (Agen) et Burdigala (Bordeaux). Cette ville était limitée à l’est par la Garonne, au sud par une anse du fleuve (Larriveau (au Mas) et au nord-ouest d’une anse beaucoup plus large et profonde (La Touche (à Caumont). C’est dans cette anse de la touche que nous situons l’ancien port fluvial qui faisait la jonction avec la voie romaine. Cette ville disparaîtra vers la fin du IIIème siècle, comme bien d’autres, par le passage des invasions barbares. JPEG - 15.1 ko Dans la collégiale Saint Vincent du Mas-d’Agenais, on peut admirer un Cippe votif en marbre blanc (support de bénitier d’un temple romain). Il est revêtu d’une inscription donc la traduction latine nous dit que : Sylvinius fils de Scipion a dédié ce bassin à la déesse Tutelle Auguste d’Ussubium.

Cippe votif d’Ussubium

La ferme de Mirannes (Rus Mireonense ou Rus Mirionensis)

A l’époque gallo-romaine, Mirannes était une ferme de très grande taille. Les sources y abondent et des traces d’aqueducs ont été découvertes au cours de travaux. La fontaine, située au centre du hameau actuel, serait un des derniers vestiges de cette période. « A quelques pas de là, des haches en pierre polie furent soulevées par la charrue » JPEG - 101.8 ko Un buste féminin de 66 cm de haut et de 1,27 m de tour fut également découvert sur ce site. Cette statue semble indiquer qu’elle était à tête interchangeable. Cette œuvre gallo-romaine nous révèle peut-être le centre de l’organisation de l’administration de cette région où devait résider le gouverneur devant lequel le diacre Saint Vincent fut jugé après avoir troublé le culte du feu sur le tertre. Une pièce de terre porte le nom de La Salle – Cella, nom qui indique à cette période un temple. Le buste de Mirannes

Maurignac (Mirionensis)

JPEG - 220.2 ko Ce lieu est cité au IVème siècle. L’origine semble ancienne si l’on en croit la toponymie qui est révélatrice des domaines gallo-romains. Le plateau de Maurignac était englobé à cette époque dans l’immense ferme de Mirannes.

Le site de Saint Martin de Lesques

JPEG - 265 ko Le site de Saint Martin de Lesques (de Caumont) date également de cette période gallo-romaine. L’église et le cimetière actuels sont construits sur une plate-forme surhaussée de 1,50 m à 2 m par des substructions antiques. Les fragments d’amphores et de tuiles à rebords y abondent, on peut y découvrir un cercueil en pierre et une croix de cimetière constituée d’un fût cylindrique qui est en réalité une pile d’origine gallo-romaine, témoin de l’ancienneté du site. Récemment, une partie d’une meule datant de cette époque fût découverte.

Le diacre Saint Vincent, l’évangélisateur

Le martyre de Saint Vincent eut lieu vers le milieu du IIIème siècle à Vélanus où il existait un temple païen (Vernemetis), dédié au culte du feu. Ce temple se trouvait sur le tertre bordant la Garonne. A certains jours de l’année, les prêtres qui le servaient y opéraient des prodiges. On voyait sortir du temple un globe enflammé qui se précipitait dans la Garonne et remontait dans l’édifice aux yeux du peuple accouru pour voir le phénomène. Saint Vincent, qui prêchait la doctrine chrétienne sur le territoire des Nitiobriges, crut reconnaître une oeuvre démoniale, au récit de ce fait surnaturel. S’étant rendu à Vélanum (tertre de Caumont) un jour de sacrifice, il fit un signe de croix au moment où le globe de feu sortit du temple et descendit dans le fleuve. Au lieu de remonter, le globe se dissipa en fumée, à la confusion des prêtres gaulois. Les païens, irrités, le saisirent et le traînèrent devant le gouverneur siégeant devant l’entrée de l’enceinte druidique (on suppose que le temple était dans un cromlech). Il le fit suspendre à des pieux fixés dans le sol et flageller. Il ordonna ensuite de le conduire à un stade de là pour lui trancher la tête et ils jetèrent son corps dans une fosse. Son culte se répandit très vite. Avant la fin du VIème siècle, Fortunat osait avancer qu’il s’étendait à tout l’univers. On a trouvé des traces de son culte en Belgique, en Hollande, en Westphalie, en Pologne…

Le tertre de Caumont : Vernemetis

JPEG - 1.2 Mo Lieu du martyre de Saint Vincent. Situé sur le tertre, le Vernemet (en langue celtique, Ver = grand, Nemet = temple), ce grand temple, était dédié à Vélénus, le dieu gaulois du soleil, d’où le nom de la cité (ou Velanus Ager). On célébrait le culte solaire. Caumont se trouve fréquemment écrit en latin Calisdusmons, chaud mont, montagne ardente (montagne de feu). On retrouve une occupation gallo romaine sur le tertre. En effet, des fouilles pratiquées sur le bord du plateau ont révélé des tombes bâties et surmontées de 2 rangées de briques relevées en bâtière. Ces sépultures remontent à une date antérieure ou contemporaine au martyre de Saint Vincent. On suppose qu’un oppidum ait pu exister sur le même site, prés de la basilique de Léonce ou de la villa mérovingienne. Le nom de Vernemetis fut gardé par la basilique qui remplaça le temple vers le milieu du VIème siècle, puis par la villa mérovingienne, mais ce nom dût céder la place à celui de Caumont au XIème siècle.

La nécropole de Saint Martin de Lesques

JPEG - 201.9 ko Sur le plateau de Revenac, commune du Mas-d’Agenais, se trouve le cimetière de Saint-Martin-de-Lesques. Nécropole mystérieuse des premiers siècles de notre ère, peut-être la plus vaste qui ait été découverte. Six à sept hectares de terres ont été consacrés à la sépulture et cela, pendant environ 300 ans. Ce cimetière gallo-romain a révélé d’immenses richesses. De nombreuses fouilles ont été réalisées et les objets recueillis datant de l’époque gallo-romaine sont très nombreux et variés : poteries, monnaies...

La villa de Pompéjac

A l’époque gallo-romaine, Pompéjac (le Mas-d’Agenais) était une villa appartenant à un membre ou affranchi de l’une des familles les plus illustres de l’empire romain. Cette villa fut ruinée vers l’année 276, en même temps que la cité voisine, Ussubium. Au IVème siècle, une bourgade s’établit sur le même emplacement et garda le nom de Pompéjac. Au Vème siècle une basilique fut édifiée pour abriter le tombeau et les reliques de Saint Vincent. Elle fut détruite par les Wisigoths et reconstruite vers le milieu du VIème siècle, période où une autre basilique sera construite sur les ruines du Vernemet (Caumont)

Les voies romaines

La voie militaire, première voie routière d’importance à traverser notre région, passait près de l’église de Saint- Sauveur pour rejoindre l’église de Saint-Martin. La Carrère ou Carerasse, voie essentiellement commerciale, passait par l’anse de la touche, au pied de la butte de Guillemont (Garde du port, système défensif ou refuge pour les voyageurs ?), suivait le plateau de Maurignac, laissant à droite Mirannes et le Vernemet et prenait la direction du lieu dit « Labarbère ». En pratique, c’est la route qui relie actuellement « La Touche », qui passe à « la Croix de Mondin » et se dirige vers Fourques.


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